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Bref survol historique

Combat de Võ tự do dans les années 20Combat de Võ tự do dans les années 20

En réalité, la boxe libre vietnamienne (Võ tự do), n'est pas un art martial en soi, mais plutôt un format de compétition dans lequel les pratiquants de n'importe quel art martial vietnamien ont la possibilité se rencontrer sur un ring avec des gants de boxe pour mesurer leurs talents. Contrairement à une croyance populaire fortement répandue, le mot « libre » ne signifie donc pas que « que tous les coups sont permis », mais plutôt que toutes les écoles martiales du pays peuvent y envoyer leurs combattants.

 

Le Võ tự do est apparu officiellement au Vietnam en 1922, lors de l'inauguration du stade Tinh Võ par l'Association sportive Tinh Võ au 114, rue Mai Sơn dans le 5e arrondissement à Sài Gòn. Les règles étaient simples, le port des gants de 6 onces et de la coquille était obligatoire, les combattants ne pouvaient avoir une différence de poids de plus de 3 kg et les attaques aux yeux, à la gorge et aux testicules étaient formellement interdites sous peine de disqualification et de sévères sanctions.

Minh Cảnh, champion de boxe anglaise de l'Indochine en 1946Minh Cảnh, champion de boxe anglaise de l'Indochine en 1946

L'Association sportive Tinh Võ organisait des combats à chaque soir. Les pugilistes devaient signer une décharge qui exonérait l'Association de toute responsabilité quant à l'issue des affrontements... Chaque combat durait 3 rounds de 3 minutes avec une minute de repos intercalée entre chaque round. Le billet d'entrée coûtait 200 đồng (l'équivalent de 40$ d'aujourd'hui), le vainqueur remportait 1800 đồng tandis que le perdant repartait avec un prix de consolation de 800 đồng.

De 1925 à 1975, le stade Tinh Võ vit défiler sur son ring des combattants qui ont laissé leurs noms à la postérité tels que: Nguyễn Văn Phát (Kid Dempsey), sư Muôn, Đông Phương Sóc, Kim Sang, Văn Thọ, Minh Cảnh, Minh Thành, Minh Sang, Huỳnh Tiền, Trần Xil, Xuân Bình, Nguyễn Nhiều, Lê Đại Hoan, Mai Thái Hòa, Nguyễn Son, Từ Thanh Nghĩa, Trần Mạnh Hiền, Kê Hoàng Hổ, Lý Huỳnh Cường, Xuân Hùng, La Khôn, Nguyễn Hớn Minh, Mã Thành Long, Trần Minh et bien d'autres.

Parmi le lot, 3 pugilistes se sont particulièrement démarqués. Il y a tout d'abord Minh Cảnh, surnommé « le Roi des arts martiaux » par les journaux de Sài Gòn, qui devint le champion de l'Indochine en boxe anglaise en 1946. Vint ensuite Huỳnh Tiền qui régna sur le ring de 1948 à 1958. Et enfin le grand Minh Sang qui demeura invaincu en 64 combats.

De nos jours, le Võ tự do continue d'exister au Vietnam sous le vocable de « thi đấu võ cổ truyền đối kháng » (compétition d'arts martiaux traditionnels), car le terme Võ tự do est désormais réservé au MMA (arts martiaux mixtes). La seule différence notable avec les combats d'autrefois est que le port du casque, du plastron et du protège-dents s'est rajouté avec en plus l'introduction de véritables catégories de poids. 

Championnat féminin de võ cổ truyền en 2015Championnat féminin de võ cổ truyền en 2015

Aspect technique

Dans le Võ tự do, les techniques de poing, de pied, de coude, de genou et de mise au sol sont employées.  À cause du port des gants de boxe, les techniques à mains ouvertes sont impossibles à utiliser (doigts, tranchant, paume, saisies).

Le Võ tự do enseigné au sein de notre club est tout simplement constitué de techniques spécialement sélectionnées et extraites du Vovinam Việt Võ Đạo, du Võ Bình Định et du Phan Gia Quyền faisables sur un ring avec le port des gants.

Mais alors, quel est l'intérêt de pratiquer le Võ tự do puisque ses techniques sont déjà incluses dans les 3 autres arts martiaux? Les pratiquants de sports de combat tels que la boxe thaïlandaise (Muay Thaï), la boxe khmère (Pradal Serey), la boxe laotienne (Muay Lao) ou la boxe birmane (Lethwei) mettent surtout l'emphase sur la compétition. De ce fait, la majeure partie de leur entraînement est essentiellement axée sur la pratique de techniques qui sont autorisées dans les règles de compétition de leurs disciplines respectives. 

À l'opposé, les techniques susceptibles d'être utilisées sur un ring ne constituent qu'une infime partie de l'entraînement des pratiquants d'arts martiaux traditionnels. Par conséquent, il arrive fréquemment que ces derniers éprouvent des difficultés lorsqu'ils doivent faire du sparring avec les pratiquants de sports de combat ou lorsqu'ils montent sur le ring.

De plus, il est courant que les pratiquants d'arts martiaux traditionnels négligent le travail du cardio, de l'endurance ainsi que du développement de la force musculaire.

En intégrant à notre entraînement le Võ tự do et des exercices visant à développer les 3 systèmes énergétiques de notre organisme (aérobie, anaérobie alactique et anaérobie lactique), nous souhaitons que les membres de notre club puissent autant se débrouiller dans la rue que sur un ring.

Un autre aspect important est que les techniques martiales traditionnelles font surtout intervenir les fonctions motrices fines. Or, dans des situations de stress intense comme lors d'un affrontement physique, beaucoup de gens sont incapables d'exécuter des techniques demandant davantage de coordination et de dextérité.  Comme les combinaisons utilisées dans le Võ tự do sont plus simples à sortir, il peut être avantageux d'être en mesure de passer d'un mode martial au mode sportif momentanément, le temps de reprendre ses esprits, pour ensuite repasser en mode martial une fois qu'on a regagné l'initiative.

 

Aspect philosophique

Le pratiquant devra continuer d'agir en accord avec les vertus morales qu'il aura acquises à travers son éducation et la pratique des 3 autres arts martiaux. S'il participe à des compétitions, il devra avoir un comportement irréprochable envers son adversaire, l'arbitre, les officiels et le public. Il devra conserver en tout temps un esprit noble et sportif.  Il évitera les déclarations prétentieuses ou vulgaires avant et après les combats, les entrées et les sorties tapageuses, sauter de joie quand son adversaire est plié en 2, etc. Bref, il devra maintenir sa dignité à chaque instant.

 

Système de grade

Comme le Võ tự do n'est qu'un format de compétition, ses pratiquants conservent le grade qu'ils possèdent dans les arts martiaux traditionnels qu'ils pratiquent.